Il était une fois…

Il était une fois une fillette au doux nom de Khadija qui vivait dans une maisonnée pleine d’enfants à la campagne près d’Angers. Elle apprend très jeune à s’occuper des plus petits qu’elle avec une préférence pour ce qui se mange…

Dans la cuisine de la maison familiale, cette petite maman apprend à confectionner des desserts qui fleurent bon le miel et la fleur d’oranger, des tajines, le couscous et même le pain. Khadija n’a pas encore 10 ans quand elle se lance dans ses premières expériences culinaires à l’aide du grimoire de sa maman. Son premier livre de recettes se nomme Tupperware. Toute une époque ! Ces débuts : le gâteau à l’ananas, les cornes de gazelle et le gâteau aux pommes cuit à la poêle. Mais de l’eau coulera sous les ponts avant que Khadija fasse de la cuisine son métier. A Paris, elle suivra une formation dans l’hôtellerie et la restauration. Et pour payer le loyer et le cinéma du week-end, Khadija travaille en salle au Concorde Lafayette où elle rencontre Bunna, son futur mari.

Bunna quant à lui, déjà tout petit, baigne dans le métier de la restauration. Ses parents arrivés du Cambodge alors qu’il n’a à peine qu’un an, sont propriétaires d’un café restaurant dans le Val de Marne. A défaut de faire la cuisine, Bunna a développé un fin palais. Il se souvient des goûters du foyer de jeunes filles où son père travaillait en tant que cuisinier et des excellents repas lors de ses vacances d’été en Asie. Bunna étudie l’hôtellerie et la restauration au Lycée hôtelier Jean Drouant dans le but de reprendre le flambeau familial. Il fait son apprentissage chez « Benoit », maintenant dirigé par Alain Ducasse et enchaîne les postes en salle. Mais à l’époque, jeune papa d’une petite Camilia, il ne se résout pas à persévérer dans ce métier aux horaires à rallonge. Ainsi, Bunna devient commercial avec toujours au fond de lui ce rêve d’ouvrir un jour son propre restaurant. Il faudra attendre la naissance d’une autre petite fille pour que le projet de Bunna coïncide avec celui de Khadija qui pour sa part, suit une carrière dans l’hôtellerie en tant qu’Adjointe de direction.

En 2013, les planètes sont enfin alignées : Khadija parfait son expérience avec une formation à la création d’entreprise et un CAP cuisine. Puis, encouragée par Bunna, elle se lance à la recherche d’un local et dans l’élaboration du concept du futur restaurant. L’idée initiale de brasserie traditionnelle se transforme pour s’adapter aux contraintes du local trouvé rue Joseph Sans Bœuf. Le « Bistrot qui s’emporte » se met petit à petit en place et voit le jour le 2 juillet 2014.

Pour soutenir les jeunes entrepreneurs, la famille et les amis se mobilisent et apportent, chacun selon ses talents, sa pierre à l’édifice : travaux, bricolage, logistique, comptabilité, administratif, test de recettes…

Le concept : des plats en cocotte qui rassemblent et racontent une histoire de famille symbolisée par ce joli Médaillon vert et gris où figure Camillia, la fille ainée de Bunna et de Khadija, fusion de leurs deux histoires.

Ce restaurant, c’est un troisième enfant mais surtout un hommage à la maman de Bunna, une figure maternelle attentive et généreuse qui avait un don pour la cuisine.

Même si parfois les nuits paraissent trop courtes, la flamme demeure encouragée par la chaleur de leurs convives. Et après le Médaillon ? On verra…une cave à vin, une nouvelle aventure à l’étranger peut-être…A suivre.